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Qualité de l'air en pharmacie et laboratoires : obligations et gestion

Par la rédaction NatéoSanté · expert de la qualité de l'air depuis 2009 · · 4 min de lecture

Qualité de l'air en pharmacie et laboratoires : obligations et gestion

Photo : Jakub Zerdzicki / Pexels

Dans les officines et laboratoires de pharmacie, la manipulation quotidienne de solvants, de réactifs et de principes actifs expose le personnel à divers polluants chimiques. L'employeur doit évaluer ces risques professionnels et structurer sa démarche de prévention conformément aux exigences du Code du travail.

La qualité de l'air intérieur désigne l'état physico-chimique et biologique de l'air circulant au sein des espaces clos fréquentés par des travailleurs, englobant la présence de particules, de gaz et de composés volatils. Dans les environnements professionnels spécifiques tels que les pharmacies d'officine et les laboratoires de préparation, la maîtrise de cet air respiré constitue un enjeu sanitaire et réglementaire primordial pour les employeurs. Entre la manipulation de produits de nettoyage, l'utilisation de désinfectants, la préparation de formules magistrales et la présence de solvants, l'air intérieur peut rapidement se charger en polluants invisibles mais actifs sur la santé des salariés.

Quelles sont les obligations réglementaires de l'employeur en pharmacie ?

L'employeur a la responsabilité légale d'assurer la santé et la sécurité de son personnel, ce qui inclut une vigilance accrue sur la qualité de l'air des locaux de travail. Selon les dispositions du Code du travail, et plus particulièrement les articles R.4222-1 et suivants, l'aération et l'assainissement des locaux professionnels doivent être rigoureusement assurés pour éviter toute accumulation de substances nocives et garantir un apport suffisant en air neuf. Cette démarche passe par une formalisation indispensable : l'évaluation des risques chimiques et aérauliques doit être consignée de manière transparente dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels, plus communément appelé DUERP.

Dans les établissements où l'on manipule des substances potentiellement dangereuses, comme les alcools, les poudres médicamenteuses ou les agents chimiques de nettoyage, l'employeur doit identifier les sources d'émission et planifier des actions préventives adaptées. Par ailleurs, certains types d'établissements recevant du public ou abritant des activités de formation professionnelle et de santé obéissent à des cadres de surveillance renforcés, encadrés par les décrets n°2022-1690 et n°2022-1691 du 27 décembre 2022, entrés en vigueur au 1er janvier 2023. Ces textes imposent notamment une évaluation annuelle des moyens d'aération, incluant la mesure du dioxyde de carbone, un autodiagnostic de la qualité de l'air, ainsi que des campagnes de mesures ciblées pour certains polluants spécifiques tels que le formaldéhyde et le benzène.

Quels polluants surveiller dans les espaces de santé et de préparation ?

Les sources de pollution de l'air intérieur en milieu officinal et pharmaceutique sont multiples et proviennent à la fois des activités de soins, du stockage et de l'entretien des locaux. Parmi les contaminants les plus fréquents figurent les composés organiques volatils, ou COV. Ces polluants chimiques gazeux trouvent leur origine dans les produits d'entretien, les désinfectants de surface, les colles, les résines, les peintures récentes, ainsi que dans certains matériaux de mobilier ou de rénovation. L'exposition répétée aux COV peut entraîner des irritations des yeux, du nez et des voies respiratoires, ainsi que des maux de tête chroniques chez les préparateurs et les pharmaciens. Certains composés spécifiques, à l'instar du formaldéhyde et du benzène, sont en outre reconnus pour leur caractère cancérogène, ce qui renforce la nécessité d'une surveillance et d'une réduction drastique des expositions.

Au-delà des composés organiques, le dioxyde de carbone constitue un indicateur incontournable du taux de confinement de l'air et de l'efficacité du renouvellement de l'air dans les pièces exiguës, comme les arrières-boutiques ou les salles de manipulation. Lorsque le personnel enchaîne les heures de travail dans un espace clos mal aéré, la concentration en dioxyde de carbone augmente rapidement, altérant la concentration, favorisant la fatigue et augmentant la transmission potentielle des virus aéroportés.

Comment structurer la démarche de prévention et de traitement de l'air ?

Pour répondre efficacement aux exigences de sécurité au travail, l'employeur doit déployer une stratégie méthodique reposant sur une hiérarchie d'actions concrètes. La première étape consiste à mesurer objectivement la situation pour identifier les zones à risque et objectiver les niveaux de polluants ou le degré de confinement à l'aide d'outils de mesure adaptés, tels que les capteurs de dioxyde de carbone équipés d'une technologie infrarouge de référence.

  • Réduction à la source : substituer les produits de nettoyage ou les agents de préparation les plus émissifs par des alternatives moins polluantes et limiter l'accumulation de stocks de produits chimiques inutiles.
  • Aération et ventilation : optimiser le renouvellement d'air par une ventilation mécanique conforme ou par une aération naturelle régulière des locaux de travail pour évacuer les polluants gazeux et baisser la concentration en dioxyde de carbone.
  • Filtration ciblée : installer des dispositifs de filtration adaptés pour retenir les particules fines et utiliser des médias à base de charbon actif pour neutraliser une partie des composés organiques volatils lorsque la ventilation seule ne suffit pas.

En structurant cette démarche autour de la mesure, de l'évaluation continue dans le DUERP et de la mise en place de solutions techniques proportionnées, l'employeur protège durablement la santé de ses équipes tout en se conformant strictement aux obligations réglementaires du Code du travail.

Questions fréquentes

Quelles sont les obligations de l'employeur en pharmacie concernant l'air intérieur ?
L'employeur doit évaluer et prévenir les risques professionnels liés à la qualité de l'air et au risque chimique, consigner ces éléments dans le DUERP et respecter les articles R.4222-1 et suivants du Code du travail relatifs à l'aération et l'assainissement des locaux.
Quels sont les polluants principalement concernés dans les zones de préparation ?
Les principaux polluants identifiés sont les composés organiques volatils issus des produits d'entretien, des désinfectants ou des solvants de préparation, ainsi que le dioxyde de carbone, qui témoigne du niveau de confinement des espaces clos.
Comment mesurer efficacement le confinement de l'air dans un local professionnel ?
La mesure du dioxyde de carbone s'effectue préférentiellement à l'aide de capteurs dotés d'une technologie infrarouge de type NDIR, reconnue pour garantir une mesure fiable et précise du renouvellement de l'air.

Source : De nouveaux décrets prochainement pour actualiser le cadre réglementaire de la ...

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