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Taux de CO2 dans l'air intérieur : seuils, réglementation et conséquences en milieu professionnel

Le CO2 (dioxyde de carbone, noté CO₂) n'est pas un polluant que l'on filtre. C'est le témoin le plus fiable du renouvellement d'air, et donc de la capacité de vos locaux à évacuer tout le reste.

En bref

  • 800 ppm : objectif d'un renouvellement d'air satisfaisant (HCSP, avis du 21 janvier 2022)
  • 1 500 ppm : valeur d'action rapide : confinement non acceptable (HCSP, 2022)
  • 5 000 ppm : valeur limite d'exposition professionnelle sur 8 h (arrêté du 30 juin 2004 modifié)
  • Aucune valeur guide « air intérieur » n'existe pour le CO₂ : l'ANSES a recommandé en 2013 de ne pas en fixer
  • Un purificateur d'air n'élimine pas le CO₂. La seule réponse est l'apport d'air neuf

Ce que le CO₂ mesure réellement

L'air extérieur contient environ 420 ppm de dioxyde de carbone. L'air que nous expirons en contient une centaine de fois plus. Dans un local occupé, le CO₂ monte donc mécaniquement dès que l'apport d'air neuf ne compense plus ce que produisent les occupants.

C'est tout l'intérêt de cette mesure, et aussi sa limite : le CO₂ ne renseigne pas sur la toxicité de l'air, il renseigne sur son renouvellement. Un local à 1 800 ppm n'est pas un local empoisonné ; c'est un local qui ne se ventile pas assez pour le nombre de personnes qu'il accueille. Et un local qui n'évacue pas le CO₂ n'évacue pas non plus les particules, les composés organiques volatils ni le formaldéhyde émis par les activités et les matériaux.

Une semaine de CO₂ dans un bureauexemple illustratif

Relevé horaire, du lundi au dimanche. Bandes de couleur : sous 800 ppm, entre 800 et 1 500, au-delà de 1 500.

Concentration de CO₂ heure par heure sur une semaine dans un bureau Les jours ouvrés montrent deux pics quotidiens, en fin de matinée et en milieu d’après-midi, dépassant 1 500 ppm. Le samedi et le dimanche, local inoccupé, la courbe reste plate autour de 455 ppm. 500 1000 1500 2000 800 ppm objectif 1 500 ppm action rapide Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche référence à vide Lundi 11h : 1570 ppm Lundi 16h : 1450 ppm Mardi 11h : 1570 ppm Mardi 16h : 1450 ppm Mercredi 11h : 2080 ppm Mercredi 16h : 1910 ppm Jeudi 11h : 1570 ppm Jeudi 16h : 1450 ppm Vendredi 11h : 1570 ppm Vendredi 16h : 1450 ppm ppm de CO₂ · un relevé par heure
Voir les données du graphique
RepèreValeur
Nuit et week-end, local inoccupé≈ 455 ppm
Pic de fin de matinée (11 h)1 570 ppm
Creux du déjeuner (13 h)≈ 830 ppm
Pic d'après-midi (16 h)1 460 ppm
Mercredi, jour de réunion2 080 ppm
Le CO₂ ne décrit pas une pollution, il décrit une occupation. Deux pics par jour ouvré, en fin de matinée et en milieu d'après-midi, séparés par le creux du déjeuner. Relever 700 ppm à 9 h du matin ne dit rien de ce que respirent vos équipes à 11 h 30. Le week-end, local vide, la courbe retombe à l'air extérieur : c'est votre référence à vide, et c'est elle qui révèle la ventilation de fond.
La bonne façon de le formuler : le CO₂ est un indicateur de confinement. Il ne dit pas ce que vous respirez. Il dit que ce que vous respirez reste sur place.

Trois seuils, trois logiques différentes

La confusion la plus répandue consiste à citer ces valeurs comme si elles étaient de même nature. Elles ne le sont pas : deux relèvent de la ventilation, une seule de la toxicologie.

ValeurCe qu'elle signifieSource
800 ppmObjectif à viser : le renouvellement d'air par apport d'air neuf est satisfaisant.HCSP, avis du 21 janvier 2022
1 500 ppmValeur d'action rapide. Le confinement est jugé non acceptable : réduction de la jauge d'occupation ou évacuation, et modification des moyens d'aération.HCSP, avis du 21 janvier 2022
5 000 ppmValeur limite d'exposition professionnelle sur 8 heures (9 000 mg/m³). Relève de la toxicologie du gaz, pas de la qualité de la ventilation. Jamais atteinte dans un bureau.Arrêté du 30 juin 2004 modifié (valeur réglementaire indicative)

Les repères de 800 et 1 500 ppm remplacent les anciennes références de 1 000 et 1 700 ppm utilisées pour le calcul de l'indice de confinement ICONE, le HCSP ayant tenu compte des données plus récentes sur les performances cognitives et la transmission d'agents infectieux aéroportés.

Les trois seuils à l'échelle

Échelle linéaire de 400 à 5 200 ppm.

Les trois seuils de CO₂ à l’échelle Sur une échelle linéaire de 400 à 5 200 ppm, l’air extérieur (420 ppm), l’objectif (800 ppm) et la valeur d’action rapide (1 500 ppm) se regroupent dans le premier quart. La valeur limite d’exposition professionnelle, 5 000 ppm, se situe à l’extrémité opposée : elle relève d’une autre logique. 420 ppm air extérieur 800 ppm objectif d’aération 1 500 ppm action rapide 5 000 ppm VLEP 8 h, toxicologie
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RepèreValeur
Air extérieur≈ 420 ppm
Objectif d'aération (HCSP 2022)800 ppm
Action rapide (HCSP 2022)1 500 ppm
VLEP 8 h (arrêté du 30 juin 2004 modifié)5 000 ppm
Placées sur la même règle, les valeurs cessent de se ressembler. 800 et 1 500 ppm se serrent dans le premier quart : ce sont des repères de ventilation. La valeur limite professionnelle de 5 000 ppm est à l'autre bout : elle relève de la toxicologie du gaz, et un bureau ne l'atteint jamais. Les citer côte à côte comme des « seuils de CO₂ » revient à mélanger deux questions sans rapport.
Il n'existe pas de « norme CO₂ » en air intérieur. Saisie de la question, l'ANSES a conclu en 2013 en recommandant qu'aucune valeur guide de qualité de l'air intérieur ne soit fixée pour le CO₂, faute de consensus scientifique sur un seuil d'effet. Les valeurs de 800 et 1 500 ppm sont des repères d'aération recommandés, pas des limites sanitaires opposables. Toute page qui vous annonce « la norme ANSES est de X ppm » se trompe.

Ce que la réglementation impose réellement

Deux régimes coexistent, et un même établissement peut relever des deux : celui de l'employeur, et celui du gestionnaire d'établissement recevant du public.

1. En tant qu'employeur : le Code du travail

Le Code du travail ne fixe pas de seuil de CO₂. Il impose une obligation de moyens : un débit minimal d'air neuf par occupant. L'article R.4222-6 fixe, lorsque l'aération est assurée par ventilation mécanique :

Type de localAir neuf par occupant
Bureaux, locaux sans travail physique25 m³/h
Locaux de restauration, de vente, de réunion30 m³/h
Ateliers et locaux avec travail physique léger45 m³/h
Autres ateliers et locaux60 m³/h

Débit minimal d'air neuf par occupant

Article R.4222-6 du Code du travail, en ventilation mécanique.

Débit minimal d’air neuf par occupant, article R.4222-6 du Code du travail Bureaux 25 mètres cubes par heure et par occupant, restauration vente et réunion 30, ateliers à travail physique léger 45, autres ateliers 60. Bureaux, locaux sans travail physique Bureaux, locaux sans travail physique : 25 m³/h par occupant 25 m³/h Restauration, vente, réunion Restauration, vente, réunion : 30 m³/h par occupant 30 m³/h Ateliers, travail physique léger Ateliers, travail physique léger : 45 m³/h par occupant 45 m³/h Autres ateliers et locaux Autres ateliers et locaux : 60 m³/h par occupant 60 m³/h par occupant, en ventilation mécanique
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RepèreValeur
Bureaux, locaux sans travail physique25 m³/h
Restauration, vente, réunion30 m³/h
Ateliers, travail physique léger45 m³/h
Autres ateliers et locaux60 m³/h
Le Code du travail ne fixe aucun seuil de CO₂ : il impose un débit. La mesure du CO₂ est le moyen le plus simple de vérifier si ce débit est réellement atteint en occupation réelle. Une installation dimensionnée sur plan mais encrassée ou déréglée ne l'atteint plus, et le CO₂ le révèle immédiatement.

La mesure du CO₂ est le moyen le plus simple de vérifier si ces débits sont réellement atteints en conditions d'occupation. Une installation dimensionnée sur plan mais encrassée, déréglée ou sous-utilisée ne les atteint plus, et le CO₂ le révèle immédiatement.

2. En tant que gestionnaire d'ERP : le décret n° 2022-1690

Le décret du 27 décembre 2022 a remplacé l'ancienne logique de campagnes de mesures par une surveillance continue, articulée autour de quatre obligations :

  • Une évaluation annuelle des moyens d'aération, comprenant une mesure du CO₂ à lecture directe ;
  • Un autodiagnostic de la qualité de l'air intérieur tous les 4 ans ;
  • Une campagne de mesures des polluants après des travaux susceptibles d'affecter l'air intérieur, ou en cas de risque identifié par l'autodiagnostic ;
  • Un plan d'actions correctives établi à partir des résultats.

Le calendrier d'application :

  • Depuis le 1er janvier 2023 : crèches et structures d'accueil collectif d'enfants de moins de 6 ans, accueils de loisirs, écoles maternelles et élémentaires, collèges et lycées, publics comme privés.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : structures sociales et médico-sociales rattachées aux établissements de santé, et structures de soins de longue durée.

Les polluants visés par les campagnes de mesures sont le formaldéhyde, le benzène, le dioxyde de carbone et le perchloroéthylène.

Les conséquences en milieu professionnel

Un CO₂ durablement élevé produit trois effets distincts, qu'il faut décrire sans les confondre.

Les symptômes ressentis

Maux de tête en fin de matinée, somnolence de début d'après-midi, difficulté de concentration, sensation d'air « lourd ». Ces manifestations sont fréquemment rapportées dans les locaux confinés. Les travaux expérimentaux suggèrent des effets sur certaines performances cognitives à partir de 1 000 ppm environ, mais l'ANSES souligne l'absence de consensus scientifique sur ce seuil. Nous le présentons donc comme une hypothèse documentée, pas comme un fait établi.

La transmission aéroportée

C'est l'un des arguments explicites du HCSP pour abaisser ses repères. Un air peu renouvelé maintient en suspension les aérosols émis par les occupants. Dans les locaux à forte densité (salles de réunion, salles de classe, salles d'attente, espaces de soins), la maîtrise du CO₂ est un levier direct de réduction du risque infectieux.

L'accumulation de tout le reste

C'est la conséquence la plus sous-estimée, et la plus importante pour un préventeur. Le CO₂ n'est qu'un traceur. Si l'air ne sort pas, ce qui est émis dans le local ne sort pas non plus : particules fines liées aux activités, composés organiques volatils des produits d'entretien et des matériaux, formaldéhyde des mobiliers et des colles, aérosols de soins. Un CO₂ à 1 800 ppm est le signe qu'il faut aller regarder ce que l'on respire vraiment.

Ce que cela change selon votre activité

  • Bureaux et salles de réunion : les pics apparaissent en réunion, précisément quand la concentration est requise. Une salle de 12 personnes ventilée pour 6 dépasse 1 500 ppm en moins d'une heure.
  • Écoles et crèches : densité d'occupation la plus forte de tous les ERP, et public le plus sensible. Ce sont les premiers établissements soumis au décret depuis 2023.
  • EHPAD et soins de longue durée : soumis depuis 2025. Chambres occupées en continu, résidents fragiles, fenêtres souvent maintenues fermées pour le confort thermique.
  • Cabinets dentaires et blocs : le CO₂ y est un mauvais indicateur du risque principal, qui est aérosolaire et chimique. Il reste un bon indicateur du renouvellement, donc de la vitesse à laquelle ces aérosols sont évacués.
  • Laboratoires et locaux à pollution spécifique : le CO₂ ne suffit jamais seul : la ventilation y est dimensionnée sur les émissions du procédé, pas sur l'occupation humaine.

Salle de réunion : ce que change le dimensionnementexemple illustratif

Salle de 12 personnes, départ à 520 ppm, 90 minutes de réunion.

Montée du CO₂ dans une salle de réunion de 12 personnes selon le dimensionnement de la ventilation Ventilée pour 6 personnes mais occupée par 12, la salle franchit 1 500 ppm en moins de 40 minutes et approche 2 100 ppm au bout d’une heure et demie. Ventilée pour 12, elle se stabilise sous 900 ppm. 500 1000 1500 2000 800 ppm 1 500 ppm 0 min 15 min 30 min 45 min 60 min 75 min 90 min 2030 ppm Ventilée pour 6 870 ppm Ventilée pour 12 1 500 ppm franchis à 32 min ppm de CO₂ · salle de 12 personnes, départ à 520 ppm
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RepèreValeur
Ventilée pour 12, palier atteint≈ 870 ppm
Ventilée pour 6, occupée par 12, à 32 min1 500 ppm
Ventilée pour 6, occupée par 12, à 90 min≈ 2 030 ppm
Même salle, mêmes occupants, même durée : seul le débit d'air neuf change. Ventilée pour six personnes alors qu'elle en reçoit douze, elle franchit 1 500 ppm au bout de 32 minutes, soit avant la moitié de la réunion, et approche 2 100 ppm à la fin. Correctement dimensionnée, elle se stabilise sous 900 ppm et n'atteint jamais le seuil d'action.

Comment mesurer correctement

Une lecture ponctuelle avec un capteur de poche ne prouve rien. Le CO₂ suit l'occupation : il monte en fin de matinée, retombe à la pause déjeuner, remonte l'après-midi, s'effondre la nuit. Relever 700 ppm à 9 h du matin ne dit strictement rien de ce que respirent vos équipes à 11 h 30.

Une mesure exploitable suppose quatre conditions :

  • La continuité : un relevé régulier sur plusieurs jours, pas un instantané ;
  • La durée : au moins une semaine complète, week-end inclus : les jours inoccupés servent de référence à vide et révèlent la ventilation de fond ;
  • Le placement : dans la zone d'occupation, à hauteur de respiration, ni contre une bouche de soufflage ni au contact direct d'une personne ;
  • La mise en regard : le CO₂ seul ne se lit pas. Il prend son sens confronté aux particules, aux COV et au formaldéhyde mesurés au même endroit et au même moment.

Le diagnostic Mon Audit QAI repose sur un capteur professionnel autonome laissé sur place 7 jours, qui enregistre un relevé toutes les 10 minutes (soit près de 1 000 mesures) du CO₂, des particules PM1, PM2,5 et PM10, des COV, du formaldéhyde, de la température et de l'humidité, jours ouvrés et week-end compris.

Où en est la qualité de l'air de vos locaux ?

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Passer de la mesure ponctuelle au suivi permanent

Un diagnostic établit un état des lieux. Il ne dit pas si la situation se dégrade six mois plus tard, après un changement d'occupation, une réorganisation des espaces ou un encrassement du réseau de ventilation.

NatéoConnect assure ce suivi dans la durée : les capteurs installés remontent leurs mesures en continu vers la plateforme de supervision NatéoSanté, qui centralise l'ensemble de vos sites et de vos locaux.

  • Supervision multi-sites : l'état de chaque local, en temps réel, depuis une seule interface ;
  • Alertes automatiques : vous êtes prévenu lorsqu'un seuil que vous avez défini est franchi, sans avoir à consulter la plateforme ;
  • Rapports générés automatiquement : l'historique des mesures constitue la trace écrite exigible : évaluation annuelle des moyens d'aération, alimentation du DUERP, justificatifs en cas de contrôle ou de question du CSE.

C'est la différence entre savoir que vos locaux allaient bien un jour donné, et pouvoir le démontrer en continu.

Le CO₂ ne se filtre pas, et c'est justement ce qui compte

Disons-le sans détour, parce que le contraire se lit souvent : aucun purificateur d'air à média filtrant n'élimine le dioxyde de carbone. Ni un filtre à particules, ni un charbon actif. Le CO₂ est une petite molécule gazeuse présente à des concentrations de l'ordre du millier de ppm ; la capter demanderait des sorbants régénérés, une technologie sans rapport avec la purification d'air en local occupé.

La seule réponse au CO₂ est l'apport d'air neuf : ouvrir, ou faire fonctionner correctement une ventilation dimensionnée pour l'occupation réelle.

Mais c'est précisément là que la mesure devient utile. Si votre CO₂ est élevé, vous savez deux choses. La première est qu'il faut agir sur la ventilation. La seconde, moins évidente, est que tout ce qui est émis dans ce local y reste aussi. Et cela, contrairement au CO₂, se traite.

Les particules fines, les composés organiques volatils et le formaldéhyde sont retenus par des médias filtrants professionnels. C'est là que la purification d'air a un effet démontrable, et c'est la réponse quand la ventilation ne peut pas être portée au niveau requis : bâtiment ancien, contrainte thermique, local sans apport d'air neuf possible, pollution extérieure interdisant l'ouverture.

Ce qui se ventile, ce qui se filtre

Réponse technique adaptée à chaque polluant.

PolluantApport d'air neufFiltration professionnelle
CO₂
gaz émis par les occupants
✓ seule réponse✗ aucun effet
Particules fines PM1, PM2,5, PM10
activités, extérieur, procédés
✓ dilue✓ retient
Composés organiques volatils
produits d'entretien, mobilier
✓ dilue✓ retient
Formaldéhyde
colles, panneaux, textiles
✓ dilue✓ retient
Une seule ligne de ce tableau porte une croix, et c'est celle du CO₂ : aucun média filtrant ne le retient. Toutes les autres lignes sont doublement cochées, et c'est là que la mesure du CO₂ devient utile. Un CO₂ élevé prouve que l'air ne sort pas ; donc que les trois autres lignes s'accumulent, elles aussi. Elles, en revanche, se traitent.

Questions fréquentes

Quel est le taux de CO₂ acceptable dans un bureau ?

Le HCSP retient 800 ppm comme objectif d'un renouvellement d'air satisfaisant, et 1 500 ppm comme valeur d'action rapide au-delà de laquelle le confinement est jugé non acceptable. Ce sont des repères d'aération, pas des limites sanitaires opposables.

Existe-t-il une norme réglementaire pour le CO₂ en air intérieur ?

Non. L'ANSES a recommandé en 2013 de ne pas fixer de valeur guide de qualité de l'air intérieur pour le CO₂. Il existe une valeur limite d'exposition professionnelle de 5 000 ppm sur 8 heures, qui relève de la toxicologie, et des obligations de débit d'air neuf au Code du travail.

Un purificateur d'air élimine-t-il le CO₂ ?

Non, aucun. Le CO₂ n'est pas retenu par les médias filtrants aux concentrations rencontrées en local occupé. La seule réponse est l'apport d'air neuf. La purification d'air traite les particules, les COV et le formaldéhyde.

À partir de quel taux faut-il agir ?

Au-delà de 1 500 ppm, le HCSP recommande une action rapide : réduire la jauge d'occupation ou évacuer le local, et modifier les moyens d'aération. Entre 800 et 1 500 ppm, la ventilation mérite d'être revue sans urgence immédiate.

Le CO₂ est-il dangereux pour la santé au bureau ?

Aux niveaux rencontrés dans les bureaux, non : la valeur limite professionnelle est de 5 000 ppm sur 8 heures, très au-dessus des concentrations habituelles. Son intérêt est celui d'un indicateur : un CO₂ élevé signale que les autres polluants s'accumulent également.

Quel débit d'air neuf le Code du travail impose-t-il ?

En ventilation mécanique, l'article R.4222-6 fixe 25 m³/h par occupant dans les bureaux et locaux sans travail physique, 30 m³/h en restauration, vente et réunion, 45 m³/h dans les ateliers à travail physique léger, 60 m³/h dans les autres.

Quels établissements sont concernés par le décret 2022-1690 ?

Depuis le 1er janvier 2023 : crèches, accueils de loisirs, écoles, collèges et lycées. Depuis le 1er janvier 2025 : structures sociales et médico-sociales rattachées aux établissements de santé et structures de soins de longue durée.

Une mesure ponctuelle suffit-elle ?

Non. Le CO₂ suit l'occupation heure par heure. Seule une mesure en continu sur au moins une semaine, week-end compris comme référence à vide, permet de savoir si la ventilation suit l'occupation réelle.

Faut-il aérer si l'air extérieur est pollué ?

C'est l'arbitrage difficile. En cas d'épisode de pollution extérieure ou de trafic dense, l'ouverture des fenêtres importe des particules. C'est exactement la situation où la ventilation mécanique filtrée, ou la purification d'air en complément, prend son sens : renouveler sans importer.

Les plantes font-elles baisser le CO₂ d'un bureau ?

Pas de façon mesurable. La quantité de CO₂ absorbée par les plantes d'intérieur est sans commune mesure avec celle produite par les occupants, et elles en rejettent la nuit. Aucune installation végétale réaliste ne remplace une ventilation.

Sources

  • Haut Conseil de la santé publique, Avis relatif à la mesure du dioxyde de carbone dans l'air intérieur des établissements recevant du public, 21 janvier 2022.
  • ANSES, Concentrations de CO₂ dans l'air intérieur et effets sur la santé, expertise publiée en 2013.
  • Code du travail, articles R.4222-4 à R.4222-9 : locaux à pollution non spécifique.
  • Décret n° 2022-1690 du 27 décembre 2022 modifiant le décret n° 2012-14 du 5 janvier 2012.
  • INRS, Valeurs limites d'exposition professionnelle, dioxyde de carbone (arrêté du 30 juin 2004 modifié).

Page rédigée par NatéoSanté, concepteur et fabricant français de solutions de traitement et de surveillance de la qualité de l'air intérieur. Dernière vérification réglementaire : août 2026.

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